> que faire avec les médicaments non utilisés ?
Une solution au gâchis de médicaments serait, au lieu de les détruire, d’en faire don à des associations qui les distribuent aux pays pauvres. Pour ma part, je connais une dame qui est en relation avec un prêtre au Bénin et qui se charge de ces envois. Ce prêtre ayant des relations médicales dans sa famille, il leur transmet ensuite les médicaments reçus. Nous sommes ainsi sûrs que ces médicaments vont au bon endroit. (Thérèse B., par e-mail)
L’idée est généreuse, mais elle ne rend pas forcément service aux populations des pays concernés. Quand l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’est penchée sur la question en 1999, elle a pointé plusieurs écueils à cette stratégie.
D’abord, la qualité des médicaments fournis n’est pas garantie, notamment en raison des conditions variables dans lesquelles ils ont été conservés au domicile. Ensuite, les médicaments que l’on donne correspondent rarement aux besoins réels des pays auxquels ils sont livrés, et leurs notices ne sont pas rédigées dans la langue parlée par la population. Troisième problème de taille : il est impossible de prévoir quels médicaments seront donnés. Cela génère de l’incertitude pour le système de santé ainsi que pour les soignants et les patients - particulièrement en cas de maladie chronique.
De plus, outre les risques de détournement, l’OMS estime que ces dons empêchent la mise en place de politiques de santé par les pays destinataires. C’est pourquoi, depuis 2009, la redistribution de médicaments à des fins humanitaires est interdite en France. Les associations humanitaires et les ONG doivent donc s’approvisionner directement auprès des fabricants. Cela présente plusieurs avantages : garantir la qualité des produits et répondre précisément aux besoins locaux.

L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions...
