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> 4,1 décès pour 1.000 naissances: comment expliquer la mortalité infantile en France ?

Rédigé par webmestregg Aucun commentaire
Classé dans : santé Mots clés : aucun

          En France, le taux de mortalité infantile s'élève à 4,1 décès pour 1.000 naissances, un chiffre en constante augmentation. Comment expliquer que, chaque année, près de 2.800 bébés meurent avant leur premier anniversaire et que 70% d'entre eux décèdent à la maternité ? Les journalistes Sébastien Leurquin et Anthony Cortes analysent ce phénomène dans l'enquête 4,1 – Le scandale des accouchements en France (Buchet-Chastel), parue le 6 mars. Nous en publions ici plusieurs extraits.

Quand la distance devient une perte de chance

            Elles sont en voie de disparition: 75% des maternités qui jalonnaient le pays ont fermé au cours des cinquante dernières années. En 2024, le ministère de la Santé ne recensait plus que 457 maternités en France, contre 1.369 en 1975. […]

             Dans les années 1970 un long processus de restructuration et de regroupement des maternités s'engage, avec une diminution de leur nombre et une augmentation de leur taille. Les structures se modernisent et celles qui ne peuvent pas suivre sont fermées.

          Au fil de notre enquête nous constatons toutefois qu'au nom de la sécurité et de la qualité des soins, en réalité, la distance n'a cessé de croître entre les maternités et les femmes. En France, elles sont désormais plus de 900.000 en âge de procréer à vivre à plus d'une demi-heure d'une maternité. Et la part de celles résidant à plus de 45 minutes a augmenté de 40% depuis 2000. Or, d'après une étude menée en Bourgogne, un temps de trajet supérieur à 45 minutes double le taux de mortalité périnatale. Les femmes les plus exposées résident, comme souvent, dans les zones rurales et périphériques où la désertification médicale s'étend déjà de façon alarmante; au point d'atteindre parfois des niveaux extrêmes.

          Prenons le Lot, en Occitanie. La part des femmes en âge de procréer vivant à plus de 45 minutes d'une maternité y est passée de 6 à 24% en quinze ans. Trois des quatre maternités du territoire ayant fermé. Une fois les portes closes à Saint-Céré, Gourdon et Figeac, Cahors s'est retrouvée seule au front. En parallèle, le taux de mortalité infantile n'a cessé de croître, au point d'atteindre 6,2 pour 1.000, soit le taux le plus élevé pour un département de France métropolitaine. Avec surprise nous découvrons qu'à l'été 2023 la maternité de Cahors, la dernière du département, a elle aussi connu une fermeture! […]

           Ce type de fermeture de dernière minute, avec les risques induits pour les mamans et les bébés, peut-il se reproduire? Un an après ce funeste week-end, nous prenons le chemin de Cahors. Nous empruntons les routes de campagne et à mesure que l'on traverse les paysages vallonnés, les nombreux lacets défilent. Ceux-là mêmes qu'empruntent en toute hâte des femmes enceintes et leurs conjoints lorsque vient le moment d'accoucher…

Sages-femmes, «une nuit d'horreur»

          Pour Julie, sage-femme d'une trentaine d'années, «4,1», ce n'est pas uniquement un chiffre. C'est le récit d'une nuit bien précise où la surcharge a eu raison d'une vie qui n'aura jamais réellement débuté. Ce tout petit être, elle l'a eu entre les mains. Elle l'a aujourd'hui sur la conscience. Cette nuit-là, avant même de passer les portes de la maternité, située dans le sud de la France, Julie avait la boule au ventre. Elle la sent encore, elle la mime en serrant son poing. D'abord parce que c'était une première fois : sa première nuit «toute seule», sans sage-femme mobilisée à ses côtés pour la guider, comme c'était le cas depuis sa récente prise de poste dans le service.

           Dès les premiers instants, Julie comprend qu'elle va être débordée. Toutes les salles d'accouchement sont pleines, les salles de pré-accouchement aussi. À peine arrivée, elle est affectée en salles de naissance. Elle part immédiatement au front. « Je fais un premier accouchement et je jette un œil sur le rythme cardiaque du bébé à naître d'une deuxième dame en même temps sur mon écran de contrôle », se souvient- elle, en tordant ses mains. « Ensuite, alors que je suture la première, je dis à une collègue que l'on peut retirer le contrôle du rythme cardiaque de la seconde et lui permettre d'aller marcher. Ce qu'elle fait. Puis une autre femme arrive pour accoucher, une troisième ! »

          Rapidement, tout se complique : la patiente partie marcher revient avec de fortes douleurs inattendues. Les champs d'opérations se multiplient. « Elle dilatait très vite, on l'a donc remise sous contrôle du rythme cardiaque. Sauf que, pendant ce temps, j'étais sur plusieurs autres patientes, même chose pour ma collègue. On ne pouvait donc pas être partout, même si au fond on aurait dû l'être… ». Malgré tous les efforts de Julie et trente minutes passées à tenter de sauver ce bébé, « son cœur n'est jamais reparti », articule-t-elle, larmes aux yeux.

           Cette surcharge de patientes, ces missions qui s'empilent, ont fini par causer un oubli dramatique. « On pensait, l'une et l'autre, que le rythme cardiaque du bébé avait été contrôlé. Mais personne ne l'avait fait. » Les deux sages-femmes, prises chacune de leur côté à gérer la marée, s'aperçoivent que la situation devient en quelques instants critique. En catastrophe, les instruments sont branchés et Julie cherche en toute hâte à évaluer les constantes vitales de l'enfant. C'est alors que la nuit bascule.

          « Le rythme n'était vraiment pas bon. La situation était si tendue, qu'on a dû “virer” une femme qui venait tout juste d'accoucher pour faire de la place en salle de naissances. Sauf que, tandis qu'on transfère la maman, on s'aperçoit qu'il n'y a plus vraiment de rythme. La dame a poussé et le bébé est arrivé. Quelques minutes plus tard, son cœur s'est arrêté. » Malgré tous les efforts de Julie, des renforts venus en urgence et trente longues minutes passées à tenter de sauver ce bébé, « son cœur n'est jamais reparti », articule-t-elle, larmes aux yeux. […] Cette nuit-là, Julie a dû faire accoucher sept autres mamans en pleine nuit, après la perte du bébé qu'elle nous a décrit.

Paroles de ministres

          [Nous avons sollicité au cours de notre enquête les nombreux ministres de la Santé qui se sont succédé depuis le début des années 2000 pour comprendre comment ils ont perçu (ou non) la dégradation de la mortalité infantile.]

           Avec Roselyne Bachelot, la discussion tourne court. Par échange de messages, elle décline notre demande d'entretien avec des mots acerbes: « Mon agenda chargé m'empêche d'envisager l'entretien-corvée que vous sollicitez. » L'ancienne ministre, pourtant très régulièrement présente sur divers plateaux de télévision, regrette par ailleurs qu'un tel rendez-vous ne nécessite « un très substantiel travail de recherches ». Le sujet de l'explosion de la mortalité infantile avec 2.800 bébés perdus chaque année n'aurait-il pas mérité un petit effort? […]

             Sous la présidence d'Emmanuel Macron, nous assistons à une véritable valse des ministres de la Santé. Dans l'ordre chronologique, Agnès Buzyn, Olivier Véran, Brigitte Bourguignon, François Braun, Aurélien Rousseau, Agnès Firmin Le Bodo, Frédéric Valletoux, Geneviève Darrieussecq et Yannick Neuder se sont succédé. Neuf ministres de la Santé en sept ans. Dont sept depuis 2022. Or, c'est justement à partir de 2020, que la France connaît une forte dégradation de son taux de mortalité infantile. Stagnante jusqu'alors, elle se met à augmenter véritablement pour passer en quatre ans de 3,6 à 4,1 pour 1.000.

             Cette soudaine dégradation a été au cœur de notre entretien avec François Braun. Lorsqu'il est nommé ministre en juillet 2022, il prend véritablement conscience de la gravité du problème et décide de s'approprier le sujet. Fin 2022, il lance les Assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant, une réflexion transversale et globale associant l'ensemble des acteurs concernés. « Nous avons reçu énormément de contributions, des centaines. Ensuite, il a fallu les analyser, évaluer les coûts financiers des différentes propositions et dresser une feuille de route pour avoir des réponses concrètes à proposer. » Des mois de travail. La restitution des Assises doit marquer la rentrée 2023. C'était sans compter sur le jeu politique. Durant l'été, François Braun est victime du remaniement. Remplacé sans cérémonie. « Je n'ai pas pu aller au bout. C'est un regret bien sûr, confie-t-il. Il s'agit d'un enjeu majeur… »

          Braun parti, les Assises prennent du retard et sont décalées. Finalement, il faut attendre mai 2024 pour voir Christèle Gras Le-Guen et Adrien Taquet, co-présidents du comité d'orientation des Assises, remettre leur rapport à Frédéric Valletoux, nommé à son tour, pour voir le sujet à nouveau traité par l'exécutif. Face à ce rapport intitulé « Investir dans la santé de l'enfant : une urgence nationale», l'exécutif dégaine quelques annonces. Gabriel Attal, alors Premier ministre, promet « une nouvelle feuille de route 2024‐2030 pour une vraie amélioration de la prise en charge des enfants ». Derrière les déclarations d'intention, les annonces concrètes n'iront pas beaucoup plus loin. Car un mois après la tenue des Assises, la dissolution de l'Assemblée nationale est prononcée. Frédéric Valletoux quitte, à son tour, le ministère.

Les «mercenaires» de l'intérim médical

          En France, les maternités manquent de tout. De sages-femmes tout d'abord, dont la part travaillant dans les établissements hospitaliers est en baisse constante depuis plusieurs années. […] Mais aussi de pédiatres, d'anesthésistes ou de gynécologues-obstétriciens, dont la rareté provoque de nombreuses fermetures intempestives de plateaux techniques sur tout le territoire.

           Pour combler ces lacunes, au moins temporairement, les maternités sont contraintes de recourir à l'intérim médical. Le principe est simple. Contre une rémunération plus élevée que la moyenne, des médecins intérimaires assurent une mission temporaire de quelques heures correspondant aux besoins immédiats d'un établissement. Les maternités étant contraintes d'assurer en permanence la triple permanence des soins et d'avoir en leurs murs au moins un pédiatre, un anesthésiste et un gynécologue obstétricien. […] Par conséquent, les intérimaires sont en position de force et ont toute latitude pour imposer leurs prix. Quitte à faire les poches des établissements déjà fragiles. Certains intérimaires parviennent ainsi à obtenir des rémunérations démentielles. Dans l'un de ces contrats, que nous avons pu consulter, un anesthésiste intérimaire est recruté pour quatre demi-journées par semaine pour la modique somme de… 7.700 euros brut par mois. Comment est-ce possible puisque l'hôpital public est censé manquer d'argent?

          Ensuite, la nature même des profils recrutés pose parfois problème. Nathalie, sage-femme elle aussi, basée en Nouvelle-Aquitaine et dans le même type d'établissement, nous alerte sur les méthodes «épouvantables» de certains d'entre eux. Avec des «abus» tolérés, du moins «ignorés délibérément», nous dit-elle: « Dans un établissement en difficulté, il est très difficile d'attirer des médecins, même en intérim. Alors, vous vous contentez de ce qui vient. Parfois, c'est une mauvaise pioche. Certains sont des fous-dangereux! »

           Nous lui demandons d'en dire plus. Ses mots s'enchaînent et se percutent. « On en a vu qui cassaient des bébés, littéralement. Ils utilisaient les instruments de telle façon que c'était un massacre ! Quand vous vous en plaignez à la direction, ce gars-là peut certes être blacklisté de l'hôpital, oui, dans le meilleur des cas. Mais ça ne va pas plus loin. Il retrouvera sans problème un poste ailleurs !» - source -

Cette catastrophe organisée entraine la France dans les bas-fonds du classement pour le nombre important de décès d'enfants de moins de 5 ans. Après, "ils" vont pleurer à la TV en demandant de faire plus de mômes !!! D'un autre côté, le fait qu'il y ait moins d'enfants nous apprend que pas mal de couples n'en veulent pas, ce qui un bon signe de santé mentale car il faut être inconscient, aujourd'hui en France d'en-bas, pour mettre au monde un futur quasi-esclave.